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Atelier d'histoire

Mercier-Hochelaga-Maisonneuve

Herménégilde Charbonneau

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En cherchant à identifier des photos de notre collection, on se retrouve souvent à retracer des parcours de vie insoupçonnés. Herménégilde Charbonneau figure parmi ces personnages dont l’histoire dépasse largement le cadre de l’image.

Né le 3 décembre 1914 à Mascouche, il est le sixième enfant d’Émile Charbonneau, commis voyageur, et d’Adélina Pesant. Sa famille s’installe à Montréal dès 1921, d’abord au 397 rue Plessis, coin La Fontaine, puis au 2218 rue Nicolet, et enfin au 2155 rue de Chambly dans Hochelaga Maisonneuve.

Herménégilde poursuit des études classiques au Collège de l’Assomption de 1927 à 1935 et prononce ses premiers vœux le 2 août 1933. Ordonné prêtre oblat de Marie Immaculée en 1939, il se porte volontaire pour devenir missionnaire en Afrique australe, plus précisément au Basutoland, aujourd’hui le Lesotho.

Malgré la Deuxième Guerre mondiale et les risques de traverser l’Atlantique, il quitte la gare Bonaventure en mars 1941 avec seize autres missionnaires, en direction de New York pour embarquer sur le navire marchand égyptien Zam Zam. Le 17 avril, le vapeur est intercepté et coulé par la marine allemande. Les passagers et les membres d’équipage sont faits prisonniers, acheminés à Bordeaux, puis incarcérés au Stalag X-B, près de Sandbostel, dans le nord de l’Allemagne. Herménégilde y reçoit le numéro 104449.

Les conditions de vie dans un camp surpeuplé sont très difficiles. Cependant, les religieux canadiens, protégés par la Convention de Genève, peuvent pratiquer leur religion, écrire à leur famille et recevoir des colis de la Croix Rouge, ce qui améliore un peu leur subsistance. Libérés au mois de mai de l’année 1945, Herménégilde et ses compagnons passent par Londres puis Halifax avant de retrouver Montréal le 16 juin de la même année. Ils rentrent chez eux sans avoir mis les pieds en Afrique. Pour en savoir davantage sur cette histoire, on peut écouter le balado intitulé Prisonniers des Nazis, disponible sur la plateforme OhDio de Radio Canada.

De retour au Québec, Herménégilde propose une idée audacieuse. Il souhaite parcourir le Canada d’est en ouest à bord d’une chapelle roulotte afin de faire connaître le Sanctuaire du Cap de la Madeleine. En 1950, il entreprend donc la traversée du pays. Il voyage avec une statue de la Vierge du Cap de la Madeleine qu’il présente aux fidèles tout au long de son parcours. Nommé secrétaire du congrès marial en 1953, il participe activement à l’organisation de l’événement qui a lieu au Cap de la Madeleine en 1954. Par la suite, il enseigne les sciences religieuses à Ottawa et publie en 1975 un ouvrage consacré au fondateur de l’ordre des Oblats de Marie Immaculée intitulé Mon nom est Eugène de Mazenod.

Herménégilde Charbonneau s’éteint à la maison des Oblats de Richelieu le 11 février 2007, à l’âge vénérable de quatre vingt douze ans.

Auteur : Pierre Audette
Image : Photo de groupe à la sortie potentiellement de la gare Centrale ou celle de Bonaventure. Au centre à l'avant-plan, on reconnait Émile Charbonneau et Adélina Pesant qui encadrent leur fils Herménégilde un missionnaire oblat Lui et seize autres sont partis en mars 1941 en direction de l'Afrique du Sud. Le vapeur fut coulé par la marine allemande le 17 avril. Les passagers et l'équipage furent faits prisonniers et internés dans des camps de prisonniers en Europe. Les survivants libérés furent enfin de retour à Montréal le 16 juin 1945. Coll. AHMHM, Fonds Famille Charbonneau
Publication originale : Facebook, Atelier d'histoire Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, 12 novembre 2025

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