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Atelier d'histoire

Mercier-Hochelaga-Maisonneuve

Numérotation des adresses

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La numérotation des rues à Montréal commence lentement en 1840 lorsque la ville retrouve sa charte après sa suspension durant la Rébellion de 1837-38. Au début, seules les grandes rues commerciales comme St-Paul et Notre-Dame en sont dotées. Montréal est alors divisée en trois quartiers Ouest, Centre et Est qui correspondent aux limites des anciennes fortifications (Berri, Saint-Jacques, McGill et le fleuve). Progressivement, les rues de ces quartiers sont aussi numérotées. Les nouveaux quartiers de Montréal, comme Saint-Jacques ou Sainte-Marie, se dotent aussi de numéros civiques. Parmi les villages aux alentours de la ville, seul le village de Saint-Jean-Baptiste (1864-1884) possède sa propre numérotation, dans les années 1860.

Le village d’Hochelaga, qui prend tranquillement de l’ampleur depuis les années 1820, se dote de son propre système de numérotation en 1877. Un an après avoir annexé Hochelaga, Montréal procède à une standardisation de ses adresses. Dès lors, la numérotation de la rue Notre-Dame commence aux limites de Maisonneuve pour aller en croissant jusqu’à Atwater, c’est-à-dire que le «zéro» était environ sur Valois. En 1905 c’est la rue Saint-Lambert, au Vieux-Montréal, qui joue le rôle du «zéro». L’année suivante, c'est la rue Saint-Laurent, comme aujourd’hui, qui prend ce rôle central.

À partir de 1924, une nouvelle réforme est lancée pour standardiser les numéros civiques. Pour les rues nord-sud, le numérotation débute au Fleuve, et est balisée par certaines rues, par exemple 1 400 (Sainte-Catherine), 2000 (Ontario) ou 2500 (Hochelaga). Ce changement a lieu en 1925 dans Hochelaga. Les rues est-ouest sont organisées selon le même principe, dès 1928. Comme exemple, la filature Hudon, angle Notre-Dame et Dézéry a comme adresse le 194 Notre-Dame avant 1905 puis le 1780 Notre-Dame Est et finalement le 3336 Notre-Dame Est en 1928.
Lorsque Maisonneuve est annexée en 1918, Montréal choisit de conserver la numérotation de l’ancienne ville pour les rues nord-sud, mais de refaire celle des rues est-ouest pour qu’elle concorde avec le système du reste de la ville. Comme pour Hochelaga, c’est en 1925 que les rues nord-sud de Maisonneuve vont commencer à utiliser la numérotation actuelle.

Dans le territoire de Mercier, la standardisation se fait progressivement. En 1910, Montréal annexe les villages de Longue-Pointe, Beaurivage et Tétreaultville. Avant l’annexion, seul le village de Beaurivage (entre les rues St-Just et Caty) avait établi une numérotation. Cependant, les nombres pairs se retrouvaient du côté nord des rues est-ouest et du côté est des rues nord-sud contrairement à ce qui existait à Montréal. En 1911, la ville de Montréal numérote la rue Notre-Dame à l’est de Maisonneuve en laissant des adresses disponibles pour la possible annexion de Maisonneuve. Les rues nord-sud sont normalisées en même temps dans ces territoires. Dans Mercier, la numérotation actuelle est établie en 1930 pour les rues est-ouest et 1932 pour les rues nord-sud.

C’est ainsi qu’une maison pouvait porter deux adresses pendant quelques années, le temps de passer d’un système à l’autre.

Auteur : André Cousineau
Images : (Vignette) 3450 rue Lafontaine, 1978. Coll. AHMHM, Fonds Lebeau-Robichaud AHMHM_F0001_LEBEAUROBICHAUD-D0001_PHOTOS_0012 (Texte) Guide des rues, 1927. Archives de la ville de Montréal, VM6-10_2090-A-001
Publication originale : Facebook, Atelier d'histoire Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, 4 février 2026

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