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Atelier d'histoire

Mercier-Hochelaga-Maisonneuve

Atelier de chars allégoriques à Guybourg

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Pendant plus de 50 ans, c’est au 1925 rue Bossuet, en plein cœur de Guybourg, que l’on construisait les chars allégoriques pour le défilé de la Saint-Jean-Baptiste et d’autres événements du même genre.

L’histoire de la construction de chars allégoriques à Guybourg débute par une tragédie. En 1952, dans la nuit du 23 au 24 juin, 19 des 22 chars allégoriques préparés par la Société St-Jean-Baptiste de Montréal (SSJBM) sont détruits dans un incendie. À cette époque, les chars sont préparés dans un hangar appartenant à la Ville de Montréal situé en plein milieu d’un champ dans Ahuntsic près de l’actuel parc Henri-Julien.
L’année suivante, la SSJBM, cherche donc un nouvel endroit pour construire ses fameux chars. En mars 1953, elle achète un terrain à Guybourg pour la somme de 3 377,44$. Elle fait également l’acquisition d’une hutte Quonset. Popularisé par l’armée américaine lors de la Deuxième Guerre mondiale, il s'agit d’une structure semi-circulaire préfabriquée en acier galvanisé mesurant 150 par 60 pieds, soit environ 45 par 18 mètres. Dorénavant la SSJBM aura son propre atelier de construction de chars.

La responsabilité de ce nouvel atelier est confiée à l’artiste Fleurimond Constantineau. Né à Saint-Michel de Laval en 1905, Constantineau est formé à l’École des Beaux-Arts de Montréal. Au début des années 1930, il fonde, avec Rémi Arbour, Henri Bélisle, Armand Filion et Louis Parent, un collectif d’artistes nommé la Maîtrise d’Arts. Actif jusqu’en 1952, la Maîtrise d’Art laissera sa trace dans l’art québécois grâce à ses céramiques et sculptures. Le collectif gagnera rapidement la confiance de la Société Saint-Jean Baptiste de Montréal qui lui confiera la conception de ses chars allégoriques dès le milieu des années 1930. En 1946, le collectif s'établit à Chambly, mais Fleurimond Constantineau continue à titre personnel d’être le responsable de la conception des chars allégoriques.

Dans une entrevue donnée au journal La Patrie en mars 1977, l’artiste explique qu’il a toujours voulu s’arrêter pour se consacrer pleinement à son art et qu’en 1968, «cela commençait à mal tourner». Il fait probablement référence aux évènements du Lundi de la Matraque. C’est ce qui l’aurait finalement poussé à vendre sa compagnie à d’anciens employés. Ces derniers continueront à préparer des chars allégoriques sous le nom de Brisson-Mercure. Jusqu’en 2007, cette compagnie est recensée au 1925, rue Bossuet. Cette année-là, l’atelier est détruit pour laisser place aux habitations actuelles.

Auteur : Olivier Dufresne
Image : Fleurimont Constantineau peinture une sculpture de chien qui va décorer un char allégorique du défilé de la Saint-Jean-Baptiste, 4 avril 1945. BANQ, Fonds Conrad Poirier
Publication originale : Facebook, Atelier d'histoire Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, 29 juillet 2026

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