Au début du 19e siècle, Montréal est un lieu militaire stratégique pour les forces britanniques. Plusieurs installations militaires y sont présentes, dont un dépôt naval à Hochelaga, au niveau de la rue Omer-Ravary et Notre-Dame, depuis 1817. Cet endroit, clôturé et gardé par des militaires, sert d’entreposage pour le matériel nécessaire à l’entretien et à la réparation de navires.
En 1834, ce terrain est transféré au War Department, probablement en raison de l’adoption des 92 résolutions des députés du Bas-Canada. Ce texte, majoritairement rédigé par Louis-Joseph Papineau, marque le début d’une suite d’événements qui mènent ultimement à la Révolte des Patriotes. On comprend alors que Londres sent la grogne dans la population, et s’organise pour éviter qu’elle prenne de l’ampleur.
Ainsi, le nombre de soldats à Montréal augmente sensiblement, et les installations à proximité du Vieux-Montréal sont insuffisantes. La cavalerie est alors déménagée à Hochelaga, un endroit stratégique pour traverser vers Longueuil ou l’île Sainte-Hélène, et assez grand pour y construire une écurie accueillant environ 75 chevaux.
Les rébellions passées, l’établissement reste actif, mais d’une manière moins importante. Des cellules sont construites et servent de prisons militaires en 1849, à la suite de l’incendie d’une autre installation. Dans les années 1850, l’Empire britannique a besoin de plus de troupes pour la guerre de Crimée. Dès lors, les installations militaires d’Hochelaga sont quasiment à l’abandon. Certaines mentions dans les journaux proposent même de racheter les terrains pour y construire un asile.
La guerre civile américaine qui débute en 1861 change la donne. La tension est élevée en Amérique du Nord, et les autorités britanniques augmentent la présence militaire à Montréal. Des casernes sont construites sur les terrains d’Hochelaga, pour le 6e bataillon des Volunteer Militia Rifles, par la suite appelé le Hochelaga Light infantry.
Aujourd’hui, cet ancien terrain militaire a été subdivisé, et est occupé en partie par le port de Montréal, des installations de la ville de Montréal et par la cour de triage du Canadien Pacifique.
Auteur : Matthieu Mazeau
Image : National Map Collection, Plan 2278, Bibliothèque et Archives Canada
Publication originale : Facebook, Atelier d'histoire Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, 22 juillet 2026
